PIF du chat (péritonite infectieuse féline) : signes et traitements

En bref : la péritonite infectieuse féline (PIF) est une maladie grave due à une forme mutée d’un coronavirus du chat très répandu. Elle touche surtout les chats de moins de deux ans. Longtemps presque toujours mortelle, elle se soigne aujourd’hui dans la majorité des cas avec des antiviraux, d’après des études encore non contrôlées. Le diagnostic et le traitement relèvent du vétérinaire : consultez vite un jeune chat fiévreux qui maigrit ou dont le ventre gonfle.

Causes et chats à risque

Le coronavirus félin est très courant, surtout là où vivent plusieurs chats. La plupart des chats infectés n’ont aucun signe ou une diarrhée légère. Chez une petite minorité, le virus mute dans l’organisme et la réaction du système immunitaire déclenche la PIF. Le virus se transmet surtout par les selles dans le bac à litière. Selon International Cat Care, il ne présente pas de risque pour l’homme.

Sont plus exposés :

  • les jeunes chats : environ 80 % des cas diagnostiqués ont moins de deux ans, beaucoup entre 4 et 12 mois (International Cat Care) ;
  • les chats de race, plus souvent touchés ;
  • les chats vivant en groupe, surtout en élevage ;
  • les chats soumis à un stress récent (adoption, stérilisation, déménagement).

Des cas surviennent aussi chez des chats vivant seuls.

Les signes à surveiller

Un ventre qui gonfle, une respiration difficile ou des troubles nerveux (chat qui titube, convulsions) imposent de joindre tout de suite le vétérinaire.

Les premiers signes sont peu spécifiques : fièvre qui va et vient sans répondre aux antibiotiques, fatigue, appétit en baisse, amaigrissement, retard de croissance chez le chaton. On décrit ensuite deux formes, souvent mêlées :

  • la forme humide : du liquide jaune et épais s’accumule dans le ventre (gros ventre) ou dans le thorax (essoufflement) ;
  • la forme sèche : des lésions inflammatoires dans les organes, sans épanchement. Selon les organes : jaunisse, troubles digestifs, changement de couleur ou de transparence de l’œil, démarche ébrieuse, convulsions.

Le diagnostic

Il n’existe pas de test simple de la PIF. Un test positif au coronavirus montre seulement que le chat a rencontré le virus, ce qui est très fréquent. Le vétérinaire rassemble un faisceau d’éléments :

  • l’âge, l’origine et l’histoire du chat ;
  • une prise de sang (protéines élevées, marqueurs d’inflammation, anémie) ;
  • une échographie pour rechercher du liquide ou des lésions, puis l’analyse de ce liquide, très parlante dans la forme humide ;
  • parfois une recherche du virus par PCR dans le liquide ou un prélèvement, un examen des yeux, voire une IRM pour les formes nerveuses.
PIF du chat : examens du diagnostic et hospitalisation, prix TTC
ActeFourchettePrix courant
Consultation vétérinaire (généraliste, en journée)Paris : 51 € en moyenne, jusqu'à 72 € ; centres hospitaliers 120 à 160 €.35 à 65 €45 €
Bilan sanguin (numération et biochimie)Selon le nombre d'analyses ; prise de sang et consultation parfois en plus.35 à 160 €65 €
Échographie abdominaleÉchographie rapide dès 40 € ; examen référé ou cardiaque : 100 à 190 €.40 à 190 €85 €
Hospitalisation (par jour)Hébergement et surveillance ; perfusion (35 à 110 €/jour), médicaments et examens en plus. Chat moins cher que chien.25 à 100 €45 €

Relevé du 30 octobre 2026 sur des grilles tarifaires publiées par des cliniques vétérinaires de plusieurs régions. Les tarifs sont libres : votre vétérinaire peut être au-dessus ou au-dessous. Notre méthode.

Les traitements récents : ce que l’on sait

Depuis quelques années, des antiviraux de la famille du GS-441524 (et du remdésivir, dont il dérive) ont changé la donne. Ce qu’en disent les sources, avec prudence :

  • une revue systématique publiée en 2025 dans la revue Pathogens a rassemblé 11 études portant sur 650 chats traités au GS-441524 : environ 85 % ont été guéris ou mis en rémission, avec des résultats un peu moins bons dans la forme humide et nettement moins bons dans les formes nerveuses ;
  • ces études sont toutes non contrôlées (séries de cas) : les auteurs jugent le niveau de preuve faible et demandent des essais comparatifs pour fixer les doses et la durée ;
  • un essai publié en 2023 a montré des résultats proches entre le GS-441524 et le remdésivir donnés par la bouche dans la forme humide ;
  • le traitement dure plusieurs semaines, le plus souvent autour de douze dans les études, avec des contrôles sanguins réguliers. Des rechutes surviennent, et un second traitement réussit souvent.

Le cadre légal dépend des pays. Au Royaume-Uni et en Australie, des préparations sont prescrites légalement depuis 2021 ; en France, demandez à votre vétérinaire ce qu’il peut prescrire aujourd’hui. Les produits vendus en ligne hors circuit vétérinaire sont à éviter : des analyses publiées en 2024 ont trouvé des teneurs très différentes de celles annoncées, et certains flacons contenaient une autre molécule. Ne commencez jamais un tel traitement sans diagnostic : International Cat Care le réserve aux chats dont la PIF est confirmée ou très probable.

Le vétérinaire peut aussi hospitaliser un chat très affaibli, retirer du liquide gênant la respiration et soulager la douleur.

Prévention

Il est difficile d’éviter le coronavirus dans un groupe de chats. Le risque baisse avec des groupes réduits (International Cat Care cite moins de cinq chats), assez de bacs à litière nettoyés chaque jour, et en évitant le stress. Un vaccin existe dans quelques pays, mais il ne s’administre qu’après 16 semaines, quand beaucoup de chatons ont déjà rencontré le virus : il n’est pas recommandé en routine.

Coût et mutuelle

Le diagnostic seul réunit consultation, prise de sang à 35 à 160 €, échographie à 40 à 190 € et analyse du liquide. Le traitement antiviral de plusieurs semaines et les contrôles s’y ajoutent ; leur coût dépend du poids du chat et de la préparation : demandez un devis. Exemple pour une échographie : échographie abdominale à 85 € avec un contrat à 80 %, sans franchise : 68 € remboursés, 17 € à votre charge. Une mutuelle santé rembourse les soins d’une maladie déclarée après la souscription et le délai de carence, dans la limite de son plafond annuel. Vérifiez si le contrat rembourse les préparations magistrales et quel est le plafond : voir franchise et plafond et notre page mutuelle chat.

Questions fréquentes

La PIF est-elle contagieuse ?

Le coronavirus félin se transmet entre chats, surtout par le bac à litière. Selon International Cat Care, la maladie ne présente pas de risque pour l’homme.

La PIF se guérit-elle aujourd’hui ?

Dans les études publiées, une large majorité des chats traités par antiviraux guérissent. Ces études ne sont pas encore des essais comparatifs, et les formes nerveuses répondent moins bien. Le vétérinaire reste seul juge du traitement.

Combien de temps vit un chat atteint de PIF sans traitement ?

Sans antiviral, les sources vétérinaires la décrivent comme presque toujours mortelle. La durée varie selon la forme et l’état du chat.

Peut-on adopter un autre chat après une PIF ?

Le manuel vétérinaire MSD conseille d’attendre environ deux mois après le décès avant d’accueillir un nouveau chat, et de bien nettoyer bacs et gamelles.

Voir aussi : toutes les maladies du chat, leucose du chat, FIV du chat, diarrhée du chat.