Hyperthyroïdie du chat : signes, traitements et suivi

En bref : l’hyperthyroïdie est un excès d’hormones thyroïdiennes, fréquent chez le chat d’âge mûr et âgé. Le signe typique : un chat qui maigrit alors qu’il mange beaucoup, boit davantage et devient agité. La cause est presque toujours une tumeur bénigne de la thyroïde. Non traitée, elle fatigue le cœur et fait monter la tension. Elle se soigne bien : consultez si votre chat de plus de 7 ans perd du poids.

Causes et chats concernés

Dans la grande majorité des cas, une ou plusieurs zones de la thyroïde grossissent et produisent trop d’hormones (adénome ou hyperplasie, sans gravité cancéreuse). Les deux lobes sont touchés dans environ 70 % des cas. Le cancer de la thyroïde est rare : moins de 3 % des chats hyperthyroïdiens, selon le Manuel vétérinaire MSD. La maladie apparaît surtout chez les chats de plus de 7 ans. Aucune mesure de prévention n’est établie.

Signes à surveiller

  • amaigrissement malgré un appétit vorace ;
  • soif et urines abondantes ;
  • agitation, miaulements fréquents ;
  • vomissements, selles abondantes ou diarrhée ;
  • pelage terne, sec ou gras ;
  • cœur rapide, souffle cardiaque ;
  • respiration rapide ou difficile, faiblesse brutale, perte de la vue soudaine : appelez tout de suite votre vétérinaire (complications du cœur ou de la tension).

Plus rarement, le chat est au contraire abattu et mange peu, mais maigrit quand même.

Le diagnostic

Le vétérinaire sent souvent un petit nodule au cou. Une prise de sang mesure la thyroxine (T4 totale) : un taux élevé chez un chat qui a des signes confirme le diagnostic. Chez 5 à 10 % des chats malades, la T4 reste dans les normes ; d’autres dosages sont alors nécessaires. Le bilan sanguin complet, l’analyse d’urine et la mesure de la tension cherchent les complications. Des examens du cœur peuvent être proposés si un souffle est entendu.

Examens habituels d'un chat hyperthyroïdien
ActeFourchettePrix courant
Consultation vétérinaire (généraliste, en journée)Paris : 51 € en moyenne, jusqu'à 72 € ; centres hospitaliers 120 à 160 €.35 à 65 €45 €
Bilan sanguin (numération et biochimie)Selon le nombre d'analyses ; prise de sang et consultation parfois en plus.35 à 160 €65 €
Échographie abdominaleÉchographie rapide dès 40 € ; examen référé ou cardiaque : 100 à 190 €.40 à 190 €85 €

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Les traitements

Les recommandations de l’association américaine des vétérinaires félins (AAFP, 2016) conseillent de traiter tous les chats hyperthyroïdiens. Quatre options existent, à choisir avec le vétérinaire selon l’état du chat, son caractère et le budget :

  • L’iode radioactif : considéré comme le traitement de référence, car il guérit le plus souvent en une fois. Il ne se fait que dans un centre agréé, avec une hospitalisation.
  • Un médicament antithyroïdien donné chaque jour, à vie s’il est le seul traitement. Il demande des prises de sang rapprochées au début (toutes les deux à quatre semaines pendant trois mois), puis tous les trois à six mois. Des effets indésirables sont possibles.
  • La chirurgie (retrait de la thyroïde) : elle peut guérir, mais demande une anesthésie chez un chat âgé et peut abîmer les parathyroïdes, qui règlent le calcium.
  • Un aliment très pauvre en iode, sur prescription, pour les chats qui ne peuvent pas recevoir les autres traitements. Il doit être le seul aliment, à vie ; la plupart des chats se normalisent en 8 à 12 semaines.

Les limites de chaque option

Aucun traitement n’est parfait, d’après le Manuel vétérinaire MSD. L’iode radioactif peut laisser une thyroïde trop peu active. Le médicament quotidien donne surtout des troubles digestifs ; des effets graves, sur le sang, le foie ou la peau du visage, touchent moins de 5 % des chats. L’aliment pauvre en iode marche mieux quand la hausse hormonale est modérée, et le chat ne doit rien manger d’autre, ce qui est difficile s’il sort. Après une chirurgie, la maladie revient ou persiste chez plus de 40 % des chats à long terme. Votre vétérinaire vous aidera à peser ces points selon votre chat.

Suivi : les reins et le cœur

L’hyperthyroïdie peut masquer une insuffisance rénale. Une fois le chat traité, celle-ci peut apparaître sur les analyses : le vétérinaire surveille donc la fonction rénale, la densité urinaire et la tension pendant les premiers mois.

Coût et mutuelle

L’hyperthyroïdie coûte dans la durée : consultations et prises de sang régulières, traitement quotidien ou aliment spécifique à vie, ou un traitement curatif plus cher d’emblée. Le traitement par iode radioactif et la chirurgie se chiffrent sur devis. Une mutuelle santé animale rembourse en général les frais de maladie, dans la limite de son plafond annuel ; l’aliment est souvent exclu. Exemple pour une prise de sang : bilan sanguin (numération et biochimie) à 65 € avec un contrat à 80 %, sans franchise : 52 € remboursés, 13 € à votre charge.

La maladie touche surtout des chats âgés : beaucoup de contrats ont un âge limite de souscription, et une maladie déjà diagnostiquée est en général exclue. Voyez notre page mutuelle pour animal senior et notre page mutuelle chat.

Questions fréquentes

Un chat hyperthyroïdien peut-il guérir ?

Oui, l’iode radioactif et la chirurgie peuvent le guérir. Le médicament et l’aliment pauvre en iode contrôlent la maladie sans la faire disparaître : ils doivent être poursuivis à vie.

Que se passe-t-il sans traitement ?

Le chat continue de maigrir et le cœur s’épuise. L’hypertension peut abîmer les yeux. Un traitement est conseillé dans tous les cas.

Pourquoi le vétérinaire surveille-t-il les reins après le traitement ?

Parce que l’hyperthyroïdie peut cacher une insuffisance rénale. Quand les hormones se normalisent, celle-ci peut se révéler, et le traitement doit parfois être ajusté.

Voir aussi : diabète du chat, chat qui vomit, espérance de vie du chat et le sommaire des maladies du chat.