En bref : le lymphome est un cancer des globules blancs (les lymphocytes) et l’un des cancers les plus fréquents du chien. Il touche surtout les chiens d’âge moyen et âgés. Le premier signe est souvent des ganglions qui grossissent, sous la mâchoire, devant les épaules ou derrière les genoux, sans faire mal. Il se traite par chimiothérapie, qui en fait rarement guérir mais peut offrir des mois de vie de bonne qualité.
Une maladie aux formes variées
- La forme multicentrique, de loin la plus fréquente (80 à 85 % des cas) : plusieurs ganglions grossissent rapidement, puis la maladie peut gagner la rate, le foie et la moelle osseuse.
- La forme digestive, moins de 10 % des cas : vomissements, diarrhée, perte d’appétit, amaigrissement.
- La forme médiastinale, dans le thorax : difficultés respiratoires, parfois soif et urines abondantes liées à un excès de calcium dans le sang.
- Les formes de la peau et des autres organes : plaques rouges, croûtes ou lésions qui ne cicatrisent pas ; plus rarement yeux, reins, poumons ou système nerveux.
Toutes les races peuvent être touchées. Le boxer, le rottweiler et le golden retriever ont un risque plus élevé.
Les signes à surveiller
- des « boules » sous la mâchoire, devant les épaules, sous les aisselles ou derrière les genoux : ce sont les ganglions, qui grossissent sans douleur ;
- fatigue, perte d’appétit, amaigrissement, fièvre ;
- soif et urines plus abondantes ;
- vomissements ou diarrhée qui durent ;
- respiration difficile ou rapide au repos : consultez en urgence.
Certains lymphomes peu agressifs (dits de bas grade) ne donnent presque aucun signe pendant longtemps. Un ganglion gonflé peut aussi venir d’une infection : seul l’examen permet de conclure.
Le diagnostic
Le diagnostic repose sur l’analyse de cellules prélevées dans un ganglion. Une ponction à l’aiguille fine, rapide et peu douloureuse, suffit souvent. Une biopsie est parfois nécessaire. Des analyses complémentaires précisent le type de lymphome (B ou T), qui compte beaucoup pour le pronostic.
Le vétérinaire fait ensuite un bilan d’extension : prise de sang (dont le calcium), analyse d’urine, radiographie du thorax, échographie du ventre, parfois ponction de moelle osseuse. Il classe ainsi la maladie en cinq stades, selon le système de l’Organisation mondiale de la santé, et note si le chien a des signes généraux.
| Acte | Fourchette | Prix courant |
|---|---|---|
| Consultation vétérinaire (généraliste, en journée)Paris : 51 € en moyenne, jusqu'à 72 € ; centres hospitaliers 120 à 160 €. | 35 à 65 € | 45 € |
| Bilan sanguin (numération et biochimie)Selon le nombre d'analyses ; prise de sang et consultation parfois en plus. | 35 à 160 € | 65 € |
| Radiographie (premier cliché)Clichés suivants dégressifs ; sédation éventuelle en plus. | 45 à 90 € | 60 € |
| Échographie abdominaleÉchographie rapide dès 40 € ; examen référé ou cardiaque : 100 à 190 €. | 40 à 190 € | 85 € |
| ScannerEn centre équipé ; anesthésie et interprétation parfois en plus. Peu de tarifs publiés. | 550 à 1 000 € | 700 € |
Relevé du 30 octobre 2026 sur des grilles tarifaires publiées par des cliniques vétérinaires de plusieurs régions. Les tarifs sont libres : votre vétérinaire peut être au-dessus ou au-dessous. Notre méthode.
Traitement et pronostic
La chimiothérapie est le traitement principal. Elle associe en général plusieurs médicaments, sur un protocole de plusieurs mois. Plus de 90 % des chiens atteints de la forme multicentrique agressive entrent en rémission, c’est-à-dire que les signes disparaissent. La guérison reste rare : la maladie revient chez la plupart des chiens et le but du traitement est de leur offrir du temps en bonne forme.
D’après le manuel vétérinaire MSD, l’espérance de vie avec chimiothérapie est d’environ 12 mois pour un lymphome de type B et d’environ 6 mois pour un type T. Les lymphomes de bas grade peuvent dépasser deux ans. La forme digestive étendue a un pronostic sombre, souvent moins de 3 mois. Sans traitement, la plupart des chiens meurent ou sont euthanasiés en 4 à 6 semaines.
Quand la chimiothérapie n’est pas possible, un traitement par corticoïdes seuls peut améliorer le confort et faire régresser la maladie quelques semaines, en général 1 à 2 mois. Une résistance aux médicaments peut toutefois apparaître : la décision se prend avec le vétérinaire avant de commencer. La chirurgie ou la radiothérapie s’utilisent pour certaines formes localisées.
Prévention
Il n’existe pas de prévention connue. Palper régulièrement votre chien, en particulier sous la mâchoire et derrière les genoux, et le faire examiner une fois par an permet de repérer tôt un ganglion qui grossit.
Coût et mutuelle
Le bilan initial associe consultation, prise de sang à 35 à 160 €, radio à 45 à 90 € et échographie à 40 à 190 €. Nous n’avons pas de prix fiable pour la chimiothérapie, qui dépend du protocole, du poids du chien et de la structure : demandez un devis global à votre vétérinaire ou au service de cancérologie avant de commencer.
Une mutuelle santé animale rembourse un cancer comme une maladie, si elle n’est pas antérieure à la souscription. Deux points sont à lire de près dans le contrat : le plafond annuel, car un traitement de plusieurs mois peut l’atteindre, et la prise en charge de la chimiothérapie, que certaines formules limitent. Les chiens âgés, les plus touchés, sont aussi ceux que beaucoup de contrats n’acceptent plus à la souscription : voyez notre page mutuelle pour animal senior et notre page mutuelle chien.
Questions fréquentes
Combien de temps vit un chien atteint d’un lymphome ?
Sans traitement, quelques semaines en général. Avec chimiothérapie, environ un an pour le type B et six mois pour le type T, selon le manuel MSD, avec de grandes différences d’un chien à l’autre. Votre vétérinaire peut affiner selon le type et le stade.
Le lymphome du chien est-il douloureux ?
Les ganglions gonflés ne font en général pas mal. L’inconfort vient plutôt de la fatigue, de la perte d’appétit ou, selon la forme, des difficultés respiratoires ou digestives. Le confort du chien guide les décisions de traitement.
Peut-on guérir un lymphome chez le chien ?
Rarement. La chimiothérapie obtient une rémission chez la grande majorité des chiens atteints de la forme la plus courante, mais la maladie revient le plus souvent. Le but est de prolonger la vie dans de bonnes conditions.
Voir aussi : toutes les maladies du chien, cancer du chien, santé du boxer, santé du golden retriever.